Introduction

Premier nocturne

Second nocturne

Troisième nocturne

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Introduction

L'office des Ténèbres du Jeudi Saint est comme la préface de l'ensemble du Triduum: dans sa prière, l’Église contemple son Seigneur qui, dans la célébration de la Pâque avec ses disciples et dans l'agonie accepte librement de mourir pour le salut du monde. Cette anticipation sous sa double forme sacramentelle et "existentielle" est capitale: elle nous montre que la Passion - qui se déroulera par la suite de façon apparemment inexorable et où Jésus semblera passif et "muet comme l'agneau que l'on mène à l'abattoir" - est non seulement prévue mais voulue par Jésus qui en est l'acteur véritable. Comme l'évangile de Jean nous le rapporte: "ma vie nul ne la prend, mais c'est Moi qui la donne: J'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre." (Jean 10, 18) C'est pourquoi, par avance, Jésus accepte sa Mort dans son dialogue avec le Père au Jardin des Oliviers:"Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de Moi! Mais que ta Volonté soit faite et non pas la mienne!" (Mat. 26, 39).

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Premier nocturne

Ainsi donc, l'Office de ce jour nous montre Jésus entrant dans cet abîme de solitude et de souffrance (ps. 68), criant vers le Père (ps. 69) et prenant sur Lui cette détresse que le psalmiste formulait comme un abandon total (ps. 70). Les lectures bibliques du premier nocturne nous rappellent comme en contrepoint les prescriptions concernant la célébration de la Pâque juive (Exode 12, 21-27), puis le sacrifice de l'Alliance scellée entre Dieu et le peuple au pied du Sinaï, avec aspersion du peuple par le sang des taureaux sacrifiés, prophétie de la rédemption du peuple tout entier par le sang de l('Alliance Nouvelle (Exode 24, 1-11), enfin l'accomplissement de ces figures dans le repas du Seigneur (I Cor. 10, 1.7 + 14-18 + 20b-22). Chaque lecture est suivie d'un répons évoquant la Pâque (Écoute, Israël!), puis le Christ entrant dans la solitude de la Passion (Tous mes amis M'ont délaissé), enfin l'Eucharistie (Chaque fois que nous mangeons ce pain).

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Second nocturne

Les psaumes du second nocturne nous invitent à contempler la royauté universelle de celui "qui vient sauver la vie des pauvres" (ps. 71), puis la fidélité du Juste qui, en voyant le péché des impies qui "réussissent" , a le cœur et la chair consumés par le scandale du mal mais reste cependant fidèle au Dieu "qui le saisit par la main droite" (ps. 72), enfin l'horreur de la destruction du premier temple, annonce prophétique de la destruction du Temple de chair et de sang qu'est l'humanité de Jésus-Christ (ps. 73).

La lecture patristique est un magnifique texte de Saint Ignace d'Antioche sur la communion dans l’Église, communion fondée dans le sacrement de l'Eucharistie, manifestée dans l'unité autour de l'évêque, enracinée dans la vérité du Fils de Dieu incarné: "Mes archives, c'est le Christ, mes inviolables archives, c'est sa Croix, sa Mort et sa Résurrection". Lui font écho les trois répons, l'un sur l'Amour de Dieu pour chacun d'entre nous manifesté dans la Mort de Jésus (Le Seigneur m'a aimé et s'est livré pour moi), le second sur le commandement de la charité (Je vous donne un commandement nouveau), le troisième sur l'entrée du Christ en agonie (Mon âme est triste jusquà la Mort).

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Troisième nocturne

Les psaumes du troisième nocturne évoquent d'abord la mystérieuse réalité du Jugement de ce monde qui va s'accomplir lorsque le Christ sera conduit au Jugement (ps. 24) et le châtiment qui en découle, la destruction de toute violence et de toute révolte (ps. 75), enfin la célébration sur le mode épique du Salut de Dieu pour Israël dans le passage de la Mer des roseaux (ps. 76), mémorial dans lequel Jésus a voulu inscrire sa propre œuvre de salut.

La lecture d'une homélie de Saint Ambroise sur l'agonie de Jésus et le reniement de Pierre manifeste avec un réalisme saisissant le lien absolu entre la physique et la souffrance spirituelle de Jésus dans sa Passion eet dans sa Mort. Ici encore, les trois répons déplient de façon lyrique cette marche souffrante de Jésus vers sa Mort: l'éloignement et l'indifférence des disciples qui ne veillent pas avec le Christ (Dormez maintenant, et reposez-vous!), le moment de la trahison (Voici, l'heure est venue, où le Fils de l'Homme va être livré...), enfin l'abandon confiant entre les mains du Père (Que ma prière monte jusqu'à Toi, Seigneur).

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