Introduction

Premier nocturne

Second nocturne

Troisième nocturne

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Introduction

Ce jour est un jour de silence: on ne célèbre pas l'Eucharistie et l'Office que l'on chante ce jour-là est une contemplation du Christ endormi dans le tombeau, mystère de l'ensevelissement et du silence de Dieu dans le repos du septième jour de la création, le Shabbat, prélude de la nouvelle création. Mystère également de la "Descente ux Enfers", lorsque le Christ commençant son oeuvre de Salut auprès de ceux que la Mort retient captifs, va "dans les profondeurs de la terre" pour y relever Adam notre père, signe de ce que l'accomplissement de la récapitulation de toute l'histoire passée présente et à venir en la Personne du Fils unique commence à se réaliser. C'est le premier pressentiment de la Pâque, comme un premier frisson de la joie qui revient sur la terre, après l'horreur du Golgotha: seul, le langage de la liturgie peut faire percevoir avec une telle finesse la profondeur et la beauté de ce surgissement du Sauveur au coeur d'un monde encore sous le choc de la violence qui vient de s'y déchaîner, et nous faire ainsi entrer dans la tendresse et la douceur de cette nuptialité de la création sauvée par son Epoux, le Verbe fait chair, au moment où commencent à retentir les premiers chants de la tourterelle, annonciateurs de ce printemps divin qui va transfigurer le monde.

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Premier nocturne

Les psaumes de premier nocturne nous font entrer dans ce repos du Christ au tombeau: d'abord, le psaume traditionnel des complies, "Dans la paix, je me couche et m'endors" (ps.4) nous rappelle que le Christ s'est endormi dans le sommeil de la mort; puis, le psaume 14, "Seigneur, qui habitera dans le temple où Tu demeures, qui reposera sur ta sainte montagne?" nous montre comment ce sommeil est pour le Christ une entrée dans le repos de Dieu. Enfin, le psaume 15 souvent utilisé dans la prédication apostolique (Actes 2, 25-28) montre comment cette entrée dans el sommeil de la mort est le chemin vers la Résurrection.

Les lectures bibliques sont elles aussi centrées sur le même thème: La fin du premier récit de la Création, concernant le septième jour, texte qui sera intégralement repris le soir même pour la Vigile pascale, est comme l'annonce prophétique de l'imminence de la nouvelle création, ce que développe la seconde lecture (Hébreux 4, 3-11). Enfin, le passage de la Première Lettre de Pierre (3, 18-22) est le passage néo-testamentaire classique sur la Descente aux Enfers. Les trois répons reprennent en contre-point ces aspects du Mystère: "Au septième jour, Dieu se reposa", inspiré de Gn.2, 1-4, fait le lien avec la dernière parole de Jésus et la déposition de son corps au tombeau; "Reposez-vous" met en rapport le coup de lance et la manifestation de Jésus comme Fils de Dieu qui s'achèvera dans la Résurrection; "Des profondeurs,Seigneur, écoute ma prière!" évoque la Descente aux Enfers à travers des thèmes provenant du ps.129 et du cantique de Jonas (noter la construction musicale limitative du verset 1).

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Second nocturne

Le second nocturne commence à donner une tonalité d'espérance: le ps.23 ("Que s'ouvrent les vantaux des portes éternelles") annonce la Pâque comme entrée glorieuse du Fils dans son Royaume. Le ps.26, utilisé dans une optique différente de celle d'hier, ouvre notre prière sur la véritable "terre des vivants" que le Christ ouvre pour nous par sa Résurrection. Le ps.29 ("Tu as fait remonter mon âme des Enfers") est la prière de celui qui se sait déjà ressaisi par la force de Dieu.

La lecture patristique, un texte de Saint Epiphane de Salamine, est une évocation avec une poésie et une finesse pleines d'humour de la Descente du Christ aux Enfers: le dialogue entre les deux Adam résume à lui seul toute la richesse spirituelle de la liturgie de ce jour. Par les répons, l'Eglise en prière s'ouvre progressivement à l'Inouï de la Pâque: "Dans ma détresse, j'ai crié ver Toi, Seigneur", articule la descente du Christ "dans le pays souterrain" avec le verset qui conclut la Passion selon Saint Luc (23,55: les femmes regardant où le corps de Jésus est déposé), lequel fait allusion à leur visite au tombeau le premier jour de la semaine. Le deuxième est une proclamation de la Pâque comme victoire du Christ sur la Mort ("Aujourd'hui, le Seigneur brise les portes de la Mort"). Enfin le troisième, dont la mélodie est inspirée d'un tropaire russe du Vendredi Saint évoque la mort du Fils de Dieu dans son humanité et sa confiance totale en l'Amour de son Père.

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Troisième nocturne

Les psaumes du troisième nocturne sont comme un portrait du Christ au coeur de la Mort: cri de confiance au sein de la détresse (ps.53), souveraineté du "Seigneur qui établit sa demeure dans la paix" par la force de son triomphe sur l'Ennemi (ps.75), liberté filiale ouverte au Salut que le Père voudra lui donner exprimée à travers les mots du psalmiste submergé par la mort (ps.87).

La lecture patristique de Saint Jean Damascène est une célébration de la victoire du Christ dans son combat contre la Mort, un appel à la liberté de tout homme dans le Christ, qui s'achève dans une évocation de la Vigile pascale comme rencontre eschatologique de l'Epoux ressuscité que l'Egllise contemplera face à face. Les trois derniers répons de cet Office commencent à nous éveiller à la joie de la Pâque. "En ta paix, Seigneur, je me couche et m'endors" reprend le verset bien connu du prophète Osée sur le troisième jour (Osée 6,2); "Au milieu de la nuit, un cri s'est fait entendre" évoque à travers le verset de l'invitation à la joie des Noces (Mat.25,6) toute la symbolique nuptiale du Cantique des Cantiques et le Mystère de la Pâque comme rencontre de l'Epoux et de l'Epouse. Enfin, "Ton Eglise T'attend" est le cri d'impatience qui, dans l'Esprit, jaillit des lèvres de l'Eglise (Apoc.22,17), saisie par le désir de voir se lever de terre le grain qui y fut jeté, en vue de la manifestation plénière du Corps du Christ ressuscité.

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