Introduction

Premier nocturne

Second nocturne

Troisième nocturne

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Introduction

Cet Office nous plonge dans la simplicité même du Mystère de notre salut par la Pâque du Christ: il n'y a plus qu'une seule réalité, celle de Jésus s'avançant librement vers sa mort et acceptant, dans la totale remise de Soi-même entre les mains du Père, d'être livré aux mains des pécheurs pour lesquels Il donne sa vie. Tout le rythme de cet office est celui d'une immobilité contemplative et contenue dans laquelle se déploie toute la puissance de l'Amour trinitaire au coeur d'un monde aveuglé par la haine et le péché.

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Premier nocturne

Les psaumes du premier nocturne nous font entrer d'embléedans le procès de Jésus par le ps. 2, très utilisé dans le Nouveau Testament pour mettre en évidence la révolte des "Rois de la terre" (Ponce-Pilate) et des "Princes du peuple" (Sadducéens et Hérode) "contre le Seigneur et contre son Christ", puis par l'évocation prophétique par excellence de la Passion (ps.21) et par celle du faux témoignage contre Jésus lors de son procès devant le Sanhédrin: "Contre moi se sont levés de faux témoins, égarés dans leurs mensonges" (ps.26).

Les lectures bibliques commencent par l'épisode de Joseph menacé de mort et jeté dans la citerne (Gn.37, 15-25), figure du Christ livré à la mort par ses frères en humanité. Puis un passage du livre de Job (16, 6-20) manifeste dans toute la violence du paradoxe le tragique de la situation: Jésus peut reprendre à sonb compte la plainte que Job adresse à Dieu: "Dieu m'a livré à des hommes injustes, Il m'a saisi par la nuqe pour me briser", mais avec la certitude d'un salut qui vient d'en-haut: "Dès maintenant, j'ai dans les cieux un témoin, là-haut se tient mon défenseur". Enfin, le passage de la Lettre aux Ephésiens (2, 11a + 12-22) montre l'accomplissement de la réconciliation de toute la Création par et dans le Sang du Christ. Les répons reprennent ces différents thèmes: la marche du Christ vers la mort (Comme un agneau innocent), Jésusaccomplissement plénier de la figure prophétique du Serviteur souffrant (Son visage était si défiguré), la Crucifixion (Il est comme un arbre planté près du cours des eaux).

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 Second nocturne

Les psaumes du second nocturne reprennent d'abord le thème du Juste souffrant et abandonné (ps.37), puis le thème du don libre et volontaire de soi-même: "Tu n'as volu ni holocauste ni sacrifice, alors je t'ai dit;"ME voici, je viens"..." (ps.39), enfin un cri de confiance adressé au Père (ps.53).

La lecture patristique de ce nocturne, un texte de Saint Ephrem, est comme une grande déchirure de lumière dans la trame très sombre de cette liturgie, un chant de victoire s'adressant à la Croix du Christ et célébrant en elle et par elle toute l'histoire de notre salut. Les trois répons évoquent successivement la venue de Christ à travers la figure prophétique du guerrier qui revient d'un combat livré contre Edom, ennemi d'Israël, avec des vêtements tachés de sang (Quel est celui qui vient du pays d'Edom?), puis la crucifixion, dans un répons au chant lourd et brutal (Il y eut des ténèbres sur la terre), enfin par une célébration de l'oeuvre salvatrice du Christ, à travers un verset inspiré du cantique d'Habacuq (Seigneur, j'ai vu ton oeuvre et j'ai craint!).

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 Troisiéme nocturne

Les psaumes du troisième nocturne nous maintiennent dans la même atmosphère de contemplation du Christ mourant sur la croix: Il meurt alors que la ville (Jérusalem) est livrée "à la discorde et à la violence" (ps.58); Il crie sa détresse et sa solitude, alors qu'Il est déjà compté "parmi ceux qui descendent dans la fosse" (ps.87); Il meurt afin que l'héritage du Seigneur, le peule d'Israël, ne soit pas abandonné, même si les impies semblent triompher (ps.93).

La lecture patristique de ce nocturne, un texte de Saint Germain de Constantinople, nous invite à méditer le mystère de la Croix comme une inlassable recherche de l'homme, le vieil Adam, par le Christ qui est venu non pour le juger mais pour le sauver. Les répons font écho à la lecture en évoquant le dialogue entre Jésus et le bon larron (dans ton Royaume, souviens-Toi de nous, Seigneur), l'abandon du Christ à son Père (Entre tes mains, Seigneur mon Dieu, je remets mon esprit), enfin en reprenant ce verset majeur de Saint Paul qui est comme le fil conducteur de toute la liturgie des jours saints: "le Christ S'est fait pour nous obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix". Ainsi, l'ensemble des répons de ce jour (refrains ou couplets) aura évoqué et développé par allusion à d'autre textes scripturaires les sept paroles du Christ en Croix.

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